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My Neighbor Nenevare ~ [PV. NEVARE]
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My Neighbor Nenevare ~ [PV. NEVARE]
Posté le 20.04.15 21:10 par Invité.


Un vent chaud me caresse les joues, agitant les boucles de mes cheveux dans tous les sens. La journée est magnifique, le Soleil réchauffe tout Alcyone et il fait un temps à se promener au hasard de ses envies. En somme, l'après-midi sera idéale pour une petite exploration jusqu'à la tombée de la nuit.
Pour l'heure, la matinée touche à sa fin, et j'ai faim. J'ignore si j'ai de quoi grignoter à la maison, et au pire je mangerais dehors pour profiter de la journée, rappelant plus celle d'un été que d'un printemps. Dans tous les cas, je dois rentrer pour déposer mes lourdes et encombrantes affaires.
Je m'arrête quelques secondes pour apprécier le souffle nouveau qui m'envahit et continue sa course dans la rue parallèle aux canaux. Replongeant dans ma lecture, je baisse la tête sur le parchemin que je tiens entre mes mains. Sur mon dos, le sac qui ne me quitte jamais est rempli de livres jusqu'à n'en plus pouvoir, et d'autres parchemins soigneusement enroulés en dépassent.
Quiconque me connaissant un tant soit peu sait pertinemment que cela signifie que je sors tout juste de la bibliothèque principale de l'île.

Sans quitter des yeux les traits de la carte, je continue mon chemin dans ces rues que je connais sur le bout des doigts. Il faut dire que je suis installé dans mon appartement depuis maintenant près de dix ans, et c'est pourquoi je n'ai pas besoin de relever la tête pour savoir où je me trouve, ni que je dois tourner à ma droite en cet instant précis.
Je reconnais à la fraîcheur qui m'entoure soudainement que je suis dans la bonne ruelle, toute tordue et constituée de nombreuses petites marches, toujours à l'ombre des hauts murs l'entourant.
Je sais exactement où sont les pots de fleurs, et généralement, les autres passants de la ruelle m’évitent en m'apercevant, se doutant que je ne les verrais pas et que s'ils ne font pas cet effort, nous nous percuterons de plein fouet.

Non, je n'ai vraiment rien à craindre dans ce quartier, et d'ailleurs, je suis bientôt arrivé devant le pallier de mon immeuble.

C'est pourquoi je ne m'attendais pas à me prendre une porte dans le visage.
Surpris, je recule d'un pas, trébuche sur l'une des marches, descendant alors de façon légèrement précipitée deux ou trois marches supplémentaires. Lâchant accidentellement mon parchemin, je lève la main à hauteur de mon nez, bien que mon front souffre également. Heureusement, la porte en question ne s'est pas ouverte de façon trop violente, mais le fait que je me dirige droit dans sa direction n'a rien arrangé, et j'espère que je n'aurais pour séquelle qu'une bosse tout bleue et toute moche.


HRP:
 
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Re: My Neighbor Nenevare ~ [PV. NEVARE]
Posté le 20.04.15 23:41 par Invité.

Un spectre transparent sillonnait le quartier d'une démarche leste, tout entier pris dans son travail. Camouflé par son don, Nevare parcourait les allées avec la détermination d'un officier en titre, la besace bientôt vide ; il ne demeurait qu'un trio d'enveloppes logées au fond du sac, l'une adressée aux Malouerac, l'autre au vieux Kennewick et la dernière, parfumée à outrance, à l'intention de Yacine, ce nouvel arrivé qui semblait savoir s'y prendre avec les femmes. Néanmoins, qui que fussent ses destinataires, le facteur n'y prêtait pas attention. Il aimait à disparaître durant ses tournées, uniquement satisfait d'entendre le léger tintement des boîtes aux lettres, juste ravi de ce mystère dont tout le monde ou presque se désintéressait. Il se plaisait toutefois à conserver cette habitude, un peu à la manière d'un messager secret, romanesque à souhait, n'est-ce pas, et parce que personne encore ne le lui avait fait remarquer, il pensait que cela ne dérangeait pas. On ne demandait à un postier que de poster, après tout. Le reste n'avait pas d'importance.
La famille Malouerac habitait une maison mangée de lierre, dont la palissade était à moitié repeinte en blanc, et lorsque Nev' arriva à hauteur du portail, les deux enfants étaient en train de jouer à chat dans le jardin. Il glissa la lettre en silence, évitant de les distraire, et repartit aussi sec dans l'autre direction. Un palier plus bas, un grand-père attendait son courrier, posté derrière sa fenêtre. Peut-être essayait-il de découvrir l'identité de ce facteur qu'il n'avait jamais vu, en partie parce qu'il ne sortait pratiquement plus de chez lui, mais à sa grande déception, il n'aperçut qu'un infime contour qui s'estompa aussitôt. Une prochaine fois. L'ultime correspondant, occupé à lisser une chemise neuve, ne découvrirait sans doute la missive odorante qu'au moment de sortir rejoindre une autre conquête. Le facteur, lui, fila avec indifférence.  

La tournée achevée, il lui restait du temps à tuer avant de redescendre vers le bureau de poste, espérant y trouver de longs courriers pour l'après-midi. Rien ne pressait cependant, et Nevare s'échappa vers les hauteurs dans l'intention de récupérer son casse-croûte, qu'une nouvelle fois il avait oublié de prendre en partant le matin. Toujours invisible, il prit donc ces escaliers étroits, étreints par de longs murs qui leur faisaient ombrage, les yeux attirés par les cordes où séchait le linge reliant les deux parois. Ses jambes avançaient au rythme de la personne devant lui, écrasée par son volumineux sac à dos, la stature étouffée dans son manteau ; il ne pouvait aller plus vite et, d'ailleurs, ne le désirait pas particulièrement. Il suivait un érudit, de toute évidence – il n'y avait en effet que des intellectuels pour se charger de la sorte, par amour des livres et de la science. Cette pensée fugitive réjouit le garçon, et il se demanda s'il lui avait apporté une enveloppe un jour, un colis bourré de matériaux de recherche. Il ne le saurait jamais. C'était aussi cela, le plaisir d'un facteur.

Tandis qu'ils cheminaient ainsi, l'un derrière l'autre, un mouvement brusque mis soudain à mal leur procession. Sans pour autant se rentrer dedans, Nev' dut s'écarter d'un bond pour ne pas se prendre le savant sur les pattes ; il pourrait surtout le remercier d'avoir pris la porte à sa place. Une seconde plus tard, et c'était lui qui se la prenait en pleine poire. Pourtant, il ne se précipita pas au devant du malheureux pour s'enquérir de sa souffrance, non. Il n'y songea même pas sur le coup.
« La carte ! » s'écria-t-il tout en se jetant à demi sur le parchemin libéré, qu'un vent taquin cherchait à emporter. L'espace d'un instant, les dessins qui la définissaient ne lui avaient en effet pas échappé, et il la ramassa avec hâte et révérence à la fois. Son don s'estompa aussitôt, déstabilisé. Il ne s'en affola pas davantage, saisi par le papier qu'il tenait entre les mains. D'un œil bleuté, il croqua les traits sur la feuille, révélant un territoire qu'il avait déjà abordé sans trop s'en approcher ; il redressa alors la tête, ou baissa la carte pour distinguer son ancien détenteur, ce qui revenait peu ou prou au même.
« On dirait...? »
Mais pour toute réponse, il eut droit à la voix d'une femme sur le déclin, propriétaire de la porte fatale et qui, elle au moins, s'inquiétait de la future bosse du grand blond. Avec force précaution, elle s'excusa auprès de ce dernier tandis que Nevare, à l'ouest pour changer, ne se décidait pas à lâcher cet étrange butin.


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Re: My Neighbor Nenevare ~ [PV. NEVARE]
Posté le 21.04.15 3:34 par Invité.


Dans la précipitation, je tente de m'accrocher à n'importe quoi pouvant me retenir de chuter carrément au sol, et ma main ne trouve pour seul appui que le mur à ma gauche. A la recherche d'un équilibre, je m'immobilise, une main posée contre la façade donc, l'autre portée à mon visage, mon nez d'abord, mon front par la suite. Une fois sûr que je ne dégringolerais plus aucune marche, je regarde le bout de mes doigts dans l'espoir ne pas trouver trace de sang.
A peine ai-je le temps d'être rassuré qu'une femme sort en trombe de derrière la lourde porte et s'approche précipitamment de moi. Visiblement inquiète de mon état et désolée au point d'en avoir l'air paniquée, je lui adresse un sourire rassurant. Plus de peur que de mal, et elle a eu encore plus peur que moi semble-t-il.

« Tout va bien ? Oh, je suis confuse, terriblement confuse si vous saviez !
- Ne vous en faîtes pas, c'est complètement ma faute. Et je n'ai rien !
- Laissez-moi vérifier quand même. »


J'allais pour rassurer la femme, dont les mains s'approchaient de plus en plus de ma tête, mais je sens alors la poche de ma veste bouger et s'agiter de plus en plus.
Perturbée dans son sommeil, la petite tête frustrée d'une musterne surgit au dehors, avant de sortir carrément pour atterrir sur le sol pavé.

« Ce n'est pas nécessaire, je vous assure. Au pire des cas, j'arborerais une bosse pendant quelques jours, voilà tout !
- Vous en êtes sûr ? Je suis si désolée, je n'ai pas fait attention !
- Ne vous sentez pas coupable voyons ! J'étais plongé dans la lecture... d'une carte... en pleine rue... c'est moi qui suis imprudent. »


Tout en disant ces mots, je baisse la tête par terre, de gauche à droite, à la recherche de la carte en question, mais je ne l'y trouve plus. Souriant une ultime fois à la femme, mon regard continue à vouloir apercevoir mon parchemin. J'espère que le vent ne l'a pas emporté, auquel cas la bibliothèque ne risque pas d'être très contente...
Mes yeux s'arrêtent alors sur Wendy, et je fronce les sourcils en l'entendant grogner. Cherchant la cause de son mécontentement, j'aperçois enfin un jeune homme inconnu près de moi, ma carte en main.
Depuis quand y-a-t-il quelqu'un d'autre dans la ruelle ?!

M'indiquant qu'elle doit me laisser pour aller chercher ses enfants à l'école, la mère de famille referme enfin la porte dont je me méfierais à l'avenir et disparaît. Mais je ne fais déjà plus attention à elle.
Je m'éloigne du mur pour rejoindre le fameux jeune homme venant de nulle part. Me baissant comme je peux à cause du poids de mon sac, qui ne m'a d'ailleurs pas aidé du tout à ne pas tomber en arrière, je récupère la petite créature encore énervée contre l'inconnu entre mes mains, la postant sur mon épaule.

« Calme-toi. Sans lui, la carte aurait pu s'envoler au loin, et nous l'aurions perdue. »

Je relève la tête avec un sourire, les yeux fermés tant celui-ci est large.

« Bonjour ! »

Au sommet de mon crâne, une petite bosse rougeoyante commence à se former, apparaissant de plus en plus clairement.


HRP:
 
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Re: My Neighbor Nenevare ~ [PV. NEVARE]
Posté le 21.04.15 18:35 par Invité.

Inconscient de l'effervescence à deux pas de lui, Nevare ne parvenait pas à détacher son regard du tracé répandu entre ses doigts. La minutie du cartographe était remarquable, du moindre méandre des chemins aux bosquets d'arbres sur une plaine ; il avait même dessiné quelques symboles pour signifier la présence d'une grotte ou d'une crevasse, car le territoire couvert se limitait à une parcelle de l'île, non à son ensemble, trop vaste pour être détaillé à ce point. La couleur des encres servaient de palette, réduite et ancienne, mais toujours inspirante. Presque une œuvre d'art. Pour autant, quelque chose ennuyait le facteur, et il en aurait fait mention derechef si la petite bête qu'il cherchait sur le papier ne s'était en vérité dressée à ses pieds, feulant comme un chaton belliqueux.

La bestiole était adorable. D'une adorable malveillance. Elle grogna du haut de ses trois pommes, ses petites cornes prêtes à pourfendre l'ennemi, peut-être pas à la mort mais quasiment, et Nev' ne sut trop comment réagir entre la surprise, la terreur feinte et l'amusement. Il n'avait pas cru avoir l'occasion de rencontrer en plein cœur d'Alcyone une de ces créatures farouches, dites insaisissables, qui peuplaient les sous-bois. Une telle boulette de poils, aussi agressive fût-elle, ne donnait envie que de lui chatouiller l'extrémité du museau, non de prendre ses jambes à son cou en abandonnant le navire et le trésor avec. Cependant, alors que le postier s'apprêtait à se pencher vers elle, dans l'espoir de réussir à la toucher, il se redressa d'un coup en apercevant une grande masse entrer dans son champ de vision. L'érudit venait récupérer son dû, sans se douter qu'il avait ainsi sauvé un pouce d'une morsure, mortelle à coup sûr.

Saisi d'un vif embarras devant cette silhouette imposante et d'un calme alcyonien, le garçon demeura hébété une seconde ; ses mains se crispèrent un soupçon sur le parchemin tandis que trop d'émotions se bousculaient derrière ses tempes, annihilant toute volonté de poudre d'escampette. Devait-il s'excuser avec maladresse pour ensuite s'éloigner sans demander son reste ? Pourtant, le salut de l'étranger aurait fait fondre un iceberg. Et si tous les brigands ou les mauvaises gens possédaient un sourire pareil, les honnêtes commerçants avaient du souci à se faire. Une petite voix se mit à souffler dans l'oreille de Nevare, eh bien, qu'est-ce que tu attends ? Réponds !
Dans un sursaut, il s'exécuta.

« Vous avez apprivoisé une musterne ? Mais elles ne vivent qu'aux abords du lac ou des rivières de la forêt grise ! » Non, pas comme ça. Un vrai salut, tête de pioche.

Tant pis. Stupéfait, le facteur en oubliait la politesse. La petite bête ne le portait visiblement pas dans son cœur, et ce malgré la distance entre eux et sa position sur l'épaule de son maître. Elle devait le voir comme un adversaire ou pire, un voleur de carte ; ce qui, d'une certaine manière, conviendrait mieux à cet homme mal rasé, on ne peut plus louche avec son barda, et on ne peut plus amical avec son sourire. Nevare se rendit compte brusquement de cette animosité miniature et il esquiva un pas de recul, mal à l'aise. D'un air contrit, le facteur tendit la carte à la manière d'une offrande tout en lâchant un « pardon, tenez », qui n'illustrait pas du tout ses gestes. En effet, il hésitait toujours, avant de reprendre en guise d'explication :

« Il y une erreur sur votre carte. Ce ne sont pas des ruines ici – il montra le gribouillis d'un index malhabile –, mais un vieux moulin réaménagé en tour de guet pour les éclaireurs de l'armée. Il est resté à l'abandon une bonne décennie, donc celui qui l'a dessiné n'a pas dû y retourner depuis. »
Et il présenta de nouveau le parchemin d'un geste plus franc, la mine soulagée d'avoir rectifié cette aberration qui lui aurait filé des sueurs froides. N'empêche, il avait encore oublié...
« Ah oui, et bonjour ! »
Non, je n'ai rien dit. Il y a du progrès.
Faire les choses dans l'ordre, le plus grand défi du postier.


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